Robert Giffard 

le départ des gens du Perche.



La salle des fêtes d'Autheuil a été dédiée à Robert Giffard

Robert Giffard serait né vers l’an 1587.
Son acte de baptême a disparu mais son père, Guillaume, habite au lieu-dit « Moncel », à moins d’un kilomètre de la paroisse d’Autheuil dans le Perche, où il fait probablement baptiser son fils.
Robert Giffard a deux sœurs et deux frères aînés, issus du premier mariage de sa mère, Louise Viron, avec le marchand Jean Pinguet.
Après le décès de ses parents, il est pris en charge en 1608 par son demi-frère, Noël Pinguet.
Noël Pinguet est prêtre à Tourouvre depuis 1606 et son savoir fera de lui le principal du collège de Mortagne.
Robert Giffard étudie jusqu’à sa majorité pour ouvrir en 1615 une boutique d’apothicaire à Tourouvre.
Il poursuit cette activité à Mortagne dès 1619.
Deux ou trois ans plus tard, il embarque sur un navire de la Compagnie de Guillaume de Caen en qualité de chirurgien.
C’est l’occasion pour lui de découvrir la Nouvelle-France où il se construit une cabane, au lieu de la Canardière, sur la côte de Beauport.
Il revient dans le Perche en 1626.
Notable et homme de sciences, il entre en 1627 dans la Compagnie des Cent Associés.

Le Roi Louis XIII


Le Roi Louis XIII avait alors confié à une nouvelle compagnie, la “ Compagnie de la Nouvelle France ” appelée aussi des “ Cent Associés ” créée par Richelieu le 29 avril 1627, le développement, la découverte et l’exploitation de la Nouvelle France. Ce fut la première véritable tentative de peuplement et de colonisation de l’Amérique du Nord par la France.

Cette Compagnie des Cent Associés regroupait en effet, comme son nom l’indique précisément, une centaine d’associés, des commerçants, des nobles, des membres du clergé, y compris Samuel de Champlain et Richelieu, qui s’engagent à fournir l’argent nécessaire afin de peupler la colonie, en faisant venir sur une durée de quinze ans quatre mille colons français et catholiques.

Cette Compagnie doit découvrir, exploiter et développer tout l’immense territoire de la Nouvelle France, assurer la défense des habitants et du territoire, convertir les Amérindiens et financer des missions pour cela. En échange de toutes ces conditions, la Compagnie devient propriétaire de la Nouvelle France et reçoit le monopole énorme du commerce de la traite des fourrures de castor.

Les Cent Associés doivent apporter chacun 3000 livres et la nouvelle Compagnie va tenir aussitôt ses promesses en affrétant, dès 1629, trois navires, avec déjà quatre cents premiers colons Français, tous décidés à aller fonder ce nouveau pays de l’autre côté des mers…






 En 1627, Giffard se porte volontaire pour repartir en tant que chirurgien de la marine, dans la Compagnie de Montmorency.
L’expédition tourne mal : au large de Tadoussac, la flotte est attaquée par les Anglais et le navire sur lequel voyage Giffard est capturé. Lauson rapportera en 1652 que les pertes de Giffard en cette occasion étaient grandes et qu’elles comprenaient tant du bétail que des serviteurs.
Enfermé temporairement et privé de ses biens, Giffard parvient cependant à revenir en France et à rejoindre Mortagne.
Le 12 février 1628, il épouse à Mortagne Marie Regnouard.


Au retour de Robert Giffard en 1628, le poste de Québec était constitué de quelques maisons, deux ou trois cabanes et c’était encore plus réduit sur l’île de Montréal, et peut-être même n’y avait-il qu’une seule cabane servant de poste de traitement des fourrures à Tadoussac, ou en quelques autres endroits du fleuve Saint Laurent.

Compte tenu des son expérience en Nouvelle-France, Giffard se voit attribuer par la compagnie des Cent Associés, une parcelle de terre à prendre le long de la côte du fleuve Saint-Laurent d’une surface qui correspondrait sensiblement aujourd’hui à 1500 hectares de terre.



Robert Giffard va donc s’efforcer de convaincre maçons, charpentiers, ferronniers,menuisiers, bûcherons, agriculteurs,... à le suivre dans son projet.
Les frères Juchereau, Jean et Noël, originaires de Tourouvre ont aussi joué un rôle clé dans l'émigration percheronne vers le Québec en l’aidant  à recruter des futurs pionniers dans tous les domaines d’activité.


plaque commémorative de Robert Giffard - église d'Autheuil dans l'Orne



La colonie naissante a grand besoin d’ouvriers spécialisés. Ils s’engagent généralement pour trois ou cinq ans. Les nécessités de la vie courante sont multiples et diversifiées. En plus des maçons et charpentiers, les tonneliers, cloutiers, chaudronniers, meuniers et boulangers sont parmi les mieux rémunérés. Au terme de leur engagement, le seigneur colonisateur leur concède une terre qu’ils ont souvent commencé à défricher ou paie leur retour en France.



Au printemps de 1634, ils sont 36 à suivre Robert Giffard sur le nouveau continent avec leurs familles.
Noël Juchereau est du voyage, ainsi qu’Henri Pinguet avec son épouse, Jean Guyon, Zacharie Cloutier, la famille Boucher…
D’autres les rejoindront au fil des années suivantes.




colons percherons baptisés à Tourouvre


Robert Giffard, chirurgien de marine, Seigneur de Beauport recherche des citoyens prêts à s'expatrier pour venir coloniser la Nouvelle-France. Voici donc la majorité de ces personnes venues avec lui sur quatre bateaux avec les capitaines Duplessis-Brochard, capitaine de la flotte, de Nesle Bontemps, de Lormel, et de Deville. Il recrute à ce moment-là pour la Compagnie des Cent-Associés.

Au nombre des voyageurs, comptons : (identifiés 36)
Robert Giffard (1), sa femme Marie Regnouard (2) et leurs enfants : Marie-Françoise (3) et Charles (4) tous deux baptisés à Mortagne (quatre autres enfants naîtront à Québec, soit : Françoise, Louise, Marie-Thérèse et Joseph).
Noël Langlois pilote (5), Marie Langlois (6) , ses enfants : Jean (7) Nicolas (8) Noël fils (9) et Geneviève (10).
Jean Guyon (Dion) maçon (11), sa femme Mathurine Robin (12) et les enfants :
Simon (13) Marie (14) Barbe (15) Claude (16) Jean (17) Denise (18) Michel (19) et François (20).
Zacharie Cloutier (21) sa femme Xaincte (Sainte) Dupont (22) et leurs 6 enfants tous baptisés à Saint-Jean-de-Mortagne : Zacharie fils (23) Jean (24) Xaincte fille (25) Anne (26) Charles (27) et Louise (28).
François Bellenger, 22 ans célibataire (29),
François Baugy (30),
Jean Juchereau (31),
Gaspar Boucher (32),
Maheu (33),
Marin Boucher (34)
Drouin (35) ,
Gagnon (36)
et Gasnier (37).

Les autres voyageurs ne sont pas encore connus.

Tous signèrent le contrat présenté par Robert Giffard au nom de la cie des Cent-Associés devant Me Roussel, notaire. Ils prirent la route de Rouen, direction de Dieppe où eut lieu l'embarquement au début d'avril pour enfin atteindre Québec, en juin de la même année.

liste établie par l'historien J. B. Ferland (Histoire du Canada, Vol. I)




Marie Regnouard donnera en fait naissance à six enfants dont 4 filles.

Marie, baptisée le 4 décembre 1628 à Mortagne, épousera Jean Juchereau le 21 novembre 1645.
Charles fut baptisé le 30 décembre à Mortagne avant leur départ, il reviendra avec son père une fois en France et on n’a pas d’autres nouvelles à son sujet.

Les autres enfants naitront au Québec

. Françoise, baptisée le 12 juin 1634 à Québec.

. Marie, baptisée le 11 novembre 1636 à Québec. Elle épouse Nicolas Juchereau le 22 septembre 1649.

. Louise, baptisée le 30 mars 1639 à Québec. Elle épousera Charles de Lauzon le 12 août 1652.

. Joseph, baptisé le 28 août 1645 à Québec. Il épouse Michelle-Thérèse Nau le 22 octobre 1663. Il épousera aussi Denise Depeiras le 4 novembre 1700. Il décèdera le 31 décembre 1705 à l'Hôtel-Dieu, Québec sans avoir eu d’enfants.




Manoir de Robert Giffard -image de la fin du 19 ème siècle



Robert Giffard joua un rôle important dans le devenir de la colonie française. Très chrétien, il tenait aussi les registres de la paroisse de Québec. En 1640, il devint le premier médecin de l’Hôtel-Dieu de Québec.

Robert Giffard mourut dans son manoir de Beauport, le 14 avril 1668.


En hommage à Robert Giffard, on trouve aujourd’hui dans la ville de Québec, le Centre Hospitalier Robert-Giffard et aussi l’avenue Robert Giffard.


En France, le buste de Robert Giffard a été réalisé pour les Muséales de Tourouvre par Mr. Christian Champagne, sculpteur.


buste de Robert Giffard - Museales de Tourouvre - sculpture de Christian Champagne





CHAMPAGNE Christian

Né le 15 juillet 1939 à Puteaux (Hauts-de-Seine), XXè siècle. Français. Sculpteur d'architectures.

Il s'est établi à Honfleur. Depuis 1971, il expose dans de nombreuses villes de France, en Belgique, aux Etats-unis. Il a reçu diverses distinctions. Il travaille la terre à faience ou à grès; il en dose lui-même le chamottage, effectue des cuissons volontairement irrégulières et pratique l'enfumage. S'inspirant des architectures du XIIè au XIXè siècles, il recrée d'imagination ce qu'il nomme des "Fragments d'architecture" ornementales et souvent animées de petites statues.