Pierre Boucher

Pierre, premier gouverneur de Boucherville et ses enfants


Pierre est né en 1622 à Mortagne.


mortagne au perche 1650 image archives nationales
Mortagne au Perche vers 1650


Il a 13 ans quand il arrive avec ses parents au Canada.

Son père, menuisier charpentier, est aussitot logé et embauché par les jésuites pour les travaux de la mision et de la ferme de Notre-Dame-des-Anges.

Les jésuites étaient arrivés là-bas en 1625 avec pour objectif de convertir les Amérindiens et de les éduquer. 
C'est Jean de Brébeuf originaire de Condé sur Vire qui y avait été envoyé avec d'autres missionaires jésuites. 



Le Père de Brébeuf [image fixe] / James Lovell Wiseman
Provenance : Avec la permission de Bibliothèque et Archives nationales du Québec / 52327/1958463 

Comme chaque communauté religieuse, ils avaient dès leur arrivée construit une chapelle et une ferme pour subvenir à leurs besoins.
En 1635, les jésuites, comme c'est leur vocation, ouvrent à cet endroit un collége pour l'éducation des enfants français ainsi qu'une école religieuse pour les enfants amérindiens.

Le petit Pierre va ainsi bénéficier non seulement de l'instruction des jésuites, lecture et écriture mais aussi pêche, chasse, fabrication d'arcs et de fléches.

Il va également au contact des Hurons présents dans l'école religieuse, apprendre leur langue et en 1638, il accompagne la mission dirigée par Jean de Brébeuf comme interpréte.
Cette mission pour convertir d'autres amérindiens hurons fut difficile sur de nombreux plans, les conditions climatiques, les épidémies et un climat de violence entre les jésuites et les hurons.

Pierre fut blessé au bras. 
En 1641, il revient vivre à Beauport.
Il est certain que si Pierre était resté auprès de Jean de Brébeuf, il aurait pu subir les mêmes sévices que les péres jésuites et mourir tout aussi sauvagement.


A son retour il est fait soldat par le gouverneur Huault de Montmagny afin de servir d'interpréte auprés des amérindiens.
En 1644, il déménage à Trois-Rivières et y épouse, le 7 janvier 1649, l’amérindienne Marie-Madeleine Ouébadinourkoué dite Chrétienne. 
Il devient rapidement l'interpréte officiel du Fort des Trois Rivières.
En 1651, Pierre Boucher prend les fonctions de capitaine de milice.
Il se sépare de sa première femme et le 9 juillet 1652, il épouse Marie-Jeanne Crevier. 
En 1653,  lors d'une attaque menée par les Iroquois. il commande avec succés la défense du fort de Trois-Rivières. 
En 1653, le nouveau gouverneur de la Nouvelle France Jean de Lauson le fait gouverneur des Trois Rivières.
Avec Marie-Jeanne, sa nouvelle femme, douze enfants naîtront de entre 1659 et 1672.
En 1661, il repart quelque temps en France défendre les intérêts des colons auprès des autorités de la métropole.
Pierre Boucher sera anobli par le roi de France Louis XIV en 1661 pour services rendus à la colonie du Canada.
Il retrouve la Nouvelle-France en 1662 comme gouverneur de Trois-Rivières, un poste qu'il occupera jusqu'en 1667.
Cette année-là, il fondera la seigneurie de Boucherville et le village qui porte son nom.

C’est là qu’il s’éteint le 19 avril 1717.



Pierre eut un fils avec Madeleine Chrétienne, Jacques né en 1949.

Et  voici les enfants "connus" de Pierre avec Marie-Jeanne :


enfants de pierre boucher en nouvelle-france-image du perche en ete

Pierre, né en 1653
Marie, née en 1655
Lambert, né en 1656
Joachim, né en 1659
Ignace, né en 1659
Madeleine, née en 1661
Marguerite, née en 1663
Philippe, né en 1665
Jean, né en 1667
René, né en 1668
Louise, née en 1670
Jeanne, née en 1670
Nicolas, né en 1672
Jean-Baptiste, né en 1673
Jacques, né en 1673
Geneviève née en 1676.


enfants normands vers 1700-image de Marie-Claude Monchaux



Voici la fin de notre recherche.


Jacques, le premier des fils est mort deux jours après sa naissance.

Pierre, fils ainé après le décés de Jacques était tout désigné pour devenir seigneur de Boucherville. Il s'occupa des terres agricoles, participa à quelques expéditions contre les amérindiens, puis aida son père dans l'exercice de ses fonctions. En 1710, il reçoit la concession de Montarville. Marié à Charlotte Denis, ils eurent 12 enfants.





Marie épousera René Gaultier.

Lambert épousa Marie Vauvril à 37 ans, ils eurent 3 enfants. Il décédera en 1699 à l'age de 43 ans.

Joachim sera tué par les Iroquois en 1692 à l'age de 33 ans.

Ignace épousa Marie-Anne Marganne de la Valtrie. Ils eurent 5 enfants.

Madeleine eut 12 enfants avec Pierre-Noël Legardeur de Tilly.

Marie eut 7 enfants avec Nicolas Daneaux.

Philippe devint prêtre.

Jean et Françoise-Claire Charest eurent 13 enfants.

René eut 2 enfants avec Marie-Françoise Mailhot.

Louise Boucher demeurera dans la maison seigneuriale de la famille. A la mort de ses sours Jeanne et Marguerite, elle s'occupera de leurs enfants. Elle décédera en 1756  à 86 ans.

Jeanne aura 7 enfants avec Jacques-Charles de Sabrevois de Bleury,  un officier venu de la région de Chartres. Elle décédera à 33 ans.

Nicolas sera prêtre. En 1698, il est le curé de Sainte Anne de Beaupré.

Jean-Baptiste et Marie-Thérèse Hertel auront 13 enfants.

Jacques est décédé à 15 ans.

Geneviève sera religieuse. Elle décédera à 90 ans chez les Ursulines de Québec.






La vie de Jean de Brébeuf, sa mission et ses séjours dans le pays des Hurons ont fait l'objet d'une étude approfondie par l'organisme gouvernemental Parc Canada.



"Brébeuf établit plusieurs missions en Huronie dont celle de Ihonatiria (Saint-Joseph). Peu après l'arrivée des Européens, les Hurons furent ravagés par plusieurs vagues d'épidémies(variole, grippe et dysentrie), ce qui rendit le travail de convertion de Brébeuf difficile et peu efficace. Lors d'une émeute en 1640, Brébeuf et les autres Jésuites furent sauvagement battus et la chapelle fut détruite. Mais c'est en 1642 que les vrais problèmes commencent. Soutenus par les Anglais dans leur entreprise, les Iroquois mirent en branle une vaste offensive contre leurs anciens ennemis les Hurons et leurs alliés français. Ils bloquèrent les routes commerciales et multiplièrent les pillages et les massacres sanglants. En 1647, la crainte des Iroquois était devenue telle que les Hurons refusaient d'entreprendre des voyages vers Québec.

Le 4 juillet 1648, alors que les guerriers hurons étaient partis pour échanger avec des voisins, les Iroquois attaquèrent les missions de Saint-Joseph et Saint-Michel en Huronie. Plusieurs habitants furent massacrés dont le père Antoine Daniel qui fut criblé de flèches. Les Iroquois prirent 700 prisonniers. Le 16 mars 1649, plus de 1000 Iroquois attaquèrent les missions deSaint-Ignace et de Saint-Louis où se trouvaient alors les pères Brébeuf et Lalemant. Les deux hommes furent fait prisonniers et amenés dans un village dans l'actuelle région de Midland, en Ontario.

Le père Jean de Brébeuf subit alors une des plus horribles et atroces tortures des annales de la chrétienté. Ces tortures furent rapportées par le donné Christophe Regnault qui put observer le cadavre. Le corps avait été sauvagement battu et avait reçu au moins 200 coups de bâtons. On avait arraché la chair des bras et des jambes de Brébeuf jusqu'aux os et on l'avait aspergé d'eau bouillante pour ridiculiser le sacre du baptême. Les Iroquois avaient également placé un collier de haches incandescentes autour de son cou et de son ventre et lui avaient arraché les lèvres parce qu'il ne cessait de parler de Dieu alors qu'ils le torturaient. Finalement, il fut scalpé et on lui arracha le coeur de la poitrine, probablement pour le dévorer (les Iroquois croyaient ainsi absorber les qualités de leurs ennemis)."





Cette peinture raconte les supplices supportés par ceux qu'on a depuis surnommés les «Saint martyrs canadiens».

La nation huronne toute entière fut bientôt décimée. 
Quelques survivants se réfugièrent chez des nations alliées du nord ou encore allèrent chercher refuge près de Québec où leurs descendants vivent toujours. Brebeuf fut proclamé Saint Patron du Canada en 1940. 

http://www.republiquelibre.org/cousture/MARTYRS.HTM



En 1664, Pierre Boucher publiera chez Florentin Lambert, à Paris, L'histoire véritable et naturelle des mœurs et productions du pays de la Nouvelle-France, vulgairement dite le Canada.

Republié sous plusieurs formes au 19e siècle, l’ouvrage sera édité pour la dernière fois en 1964 afin de célébrer le tricentenaire de la première publication.


Nous remercions pour la réalisation de ces documents :
Perche-Quebec
L' association Perche-Canada 
ainsi que Parcs Canada, et Genealogie Quebec

et naturellement Google Books