Maison du Parc du Perche et Manoir de Courboyer


à Nocé, dans le département de l'Orne en Normandie, 


entre Mortagne au Perche et Nogent le Rotrou





La Maison du Parc du Perche est un site emblématique du Perche par son manoir du 15e siècle, le Manoir de Courboyer, et son domaine de 65 hectares ou chacun pourra se promener, découvrant ainsi les collines du Perche et les chevaux percherons.


vue panoramique de la Maison deu Parc du Perche


La guerre de Cent Ans, dont les opérations militaires se terminèrent dans le Perche en 1449, avait décimé la plus grande partie de la noblesse locale et complètement anéanti les châteaux et les demeures seigneuriales.
Aux premières heures de la Renaissance, une nouvelle noblesse vit le jour et entreprit de relever les terres dévastées par plus d'un siècle de combats. 

Les manoirs à la différence des châteaux accueillaient, non seulement le corps de logis dont le volume et le décor se devaient d'extérioriser la richesse du seigneur qui l'habitait, mais aussi des bâtiments de ferme.
Courboyer est bâti à l'emplacement d'un manoir plus ancien ou d'une maison forte qui devait porter ce nom. Il plonge ses racines dans le Moyen-Age, et garde sa part de mystère. Ni les dates de construction, ni le nom de son constructeur ne sont connus. 

Il faut attendre 1368 pour voir apparaître un bail portant ce nom et la fin de la guerre de Cent Ans pour rencontrer, dans les actes, de nouveaux seigneurs de Courboyer : Guyot de Raygniel et Marie de Cintray sa femme (décédés vers 1480/1500).
Il est couramment admis que c'est à ce couple que l'on doit le manoir actuel, construit entre 1450 et 1480. 

La chapelle, de style gothique flamboyant, fut fondée le 3 novembre 1500 par Jehan de Courboyer et placée sous le patronage de Notre-Dame-de-la-pitié. L'intérieur renfermait des peintures murales représentant des saints et la vie de Saint-Hubert et Saint-Christophe portant l'Enfant Jésus sur ses épaules.

Parmi les descendants de Guyot de Raygniel et de Marie de Cintray, figure Marie de Courboyer, née sous François 1er, mariée quatre fois, décédée en 1594.

En 1733 le manoir fut cédé à Pierre de Barville, frère du seigneur de Nocé. Ce dernier possédait d'autres manoirs et résidences, mais il décida cependant d'habiter Courboyer et de redonner vie au vieux logis abandonné. Après sa mort, en 1761, le manoir  connut une nouvelle période d'abandon. 

Le domaine traversa la Révolution cependant sans encombre avant d'être saisi comme bien national en 1797.
Malgré les réparations survenues au 18ème siècle, la chapelle subit une lente dégradation. 


manoirdecourboyer-chateau et chapelle


En 1947, elle était en ruine, fut démolie et les matériaux servirent à empierrer les chemins et construire une bergerie. Cette affaire eu un retentissement national et le propriétaire condamné devant le tribunal correctionnel, à payer une forte amende.

Courboyer est classé Monument historique depuis le 10 avril 1981.
Depuis février 2000 Courboyer est devenu la propriété du Parc naturel régional du Perche.
Des expositions sont abritées régulièrement dans la Maison du Parc ou dans le manoir.
Un espace restauration et produits locaux est également ouvert aux visiteurs de la Maison du Parc.



Le manoir de Courboyer et les chevaux percherons

Le manoir et son parc de 65 ha

   « C’était un manoir seigneurial, une gentilhommière dont les fortifications avaient principalement pour but d’intimider les vassaux récalcitrants et de défendre les châtelains contre les attaques du voisinage. En approchant du manoir, la première chose qui frappe les yeux est la tour cylindrique, formant donjon, placée à l’arrière du bâtiment principal et dominant tout l’édifice par son importance et sa hauteur; puis on aperçoit l’élégante tourelle octogonale coupant en deux la façade du principal corps de logis, dans laquelle serpente l’escalier à vis qui dessert les trois étages. Quant au bâtiment central, il est rectangulaire et terminé, aux deux extrémités, par des pignons […] flanqués de deux échauguettes à mâchicoulis, posées en encorbellement sur l’angle des murs. Ces échauguettes, ainsi que la partie la plus élevée du donjon, servaient à abriter les guetteurs qui observaient, de leur poste, les quatre points cardinaux.» Charles Wable, architecte à Paris, 1896


blason de Courboyer
LA CHAPELLE
La Chapelle était située à droite mais complètement détachée du bâtiment principal ; elle avait été édifiée au XVe siècle par Jean de Courboyer. Le petit clocher , en bâtières, était percé de deux arcades à jours, d’un modèle courant dans le midi de la France, mais unique dans notre Perche. Le portail était aux moulures simples mais d’un profil raffiné. Cette chapelle gardait des fresques représentant «le Jugement Dernier», «la Chasse de saint Hubert et saint Christophe», et d’inestimables peintures murales qui ornaient les murs. De cette chapelle, de ces fresques et de ces peintures, il ne reste plus rien, puisque sans autorisation, Monsieur Virlouvet, ayant besoins de pierres pour bâtir et boucher les ornières de ses chemins, fit jeter bas cette merveille. Quelques archéologues, venus visiter Courboyer pour admirer ce joyau d’architecture, eurent le stupéfaction de ne plus trouver que les ruines de cette chapelle, dédiée à Notre-Dame de Pitié. Cette visite eut cependant un heureux résultat puisqu’elle empêcha M. Virlouvet de jeter à terre le manoir tout entier. Il dut se contenter de faire construire, sur l’emplacement de la chapelle disparue, des niches à lapins. Le marchand de bestiaux vient de comparaître devant le tribunal correctionnel de Mortagne qui rendra son jugement le 15 décembre 1947. Les Beaux Arts réclament un million de dommages et intérêts et la Société Historique de l’Orne demande la reconstruction de la chapelle, évaluée à trente millions, celle-ci apparaît pratiquement impossible. LE MARCHAND DE BESTIAUX PAIERA 500 000 FRANCS POUR AVOIR DÉMOLI UNE CHAPELLE HISTORIQUE. M. Virlouvet […] qui avait fait démolir une chapelle du XVe siècle dans son domaine de Courboyer, a comparu hier devant le tribunal de Mortagne. Le maquignon a été condamné à 50.000 francs d’amende et à 500. 000 francs de dommages et intérêts. […] * La loi de 1913 relative aux Monuments historiques et celle de 1926 relative à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques obligent à avoir une autorisation de l’administration des Monuments Historiques avant toute modification d’un bâtiment classé ou inscrit à l’Inventaire Supplémentaire.