Les Muséales de Tourouvre 
et 
le départ des percherons vers la Nouvelle-France



Entre 1634 et 1651, environ 250 immigrants en provenance de l’ancienne province du Perche en France, aujourd’hui département de l’Orne en Normandie, émigrent en Nouvelle-France et parmi eux les Boucher, Cloutier, Guimont, Pelletier, Fortin, Gagnon, Gaudry, Gaulin, Giguére, Giroust, Hayot, Houde, Landry, Laporte, Lehoux, Maheust, Mercier, Normand, Rivard, Tremblay, Trottier, Trudelle, Turgeon,... 

Le Perche au 16ème siècle
Le Perche, c’est 360 kilomêtres carrés, 153 comunes, 3 villes importantes, anciennes capitales du Perche au temps des comtes du Perche : Mortagne, Bellême et Nogent le Rotrou.

Le christianisme y est présent depuis le cinquième siècle et profondément marqué depuis la création de l’abbaye cistercienne de Soligny la Trappe, et les prieurés qui se sont installés un peu partout dans le Perche.

Pendant la guerre de cent ans, les Percherons ont été au premier rang pour défendre la France contre les anglais. Les forêts du Perche, les percherons les connaissent bien et l’industrie du bois a favorisé les bucherons, menuisiers et aussi charpentiers qui ont également appris leur métier en fabriquant des navires puisque le Perche est proche des côtes de la manche.

Avec un sous-sol calcaire, les percherons ont également appris à tailler la pierre pour construire leurs maisons.

Et n’oublions pas que le Perche est avant tout agricole.

Cette région a donné des laboureurs, des fermiers, des métayers.

Les chevaux percherons sont aussi présents dans le Perche depuis que Rotrou, comte du Perche, ramena de la première croisade, plusieurs étalons orientaux qui furent croisés avec des juments du pays.

Les habitants du Perche connaissaient donc ainsi les métiers de forgeron, sellier, charron, bottier,…

Environ 40 familles hommes, femmes et enfants ont embarqué à La Rochelle pour une longue traversée de l’Atlantique, à destination de ce Nouveau Monde. 

Robert Giffard et les frères Juchereau, personnages respectables de Mortagne au Perche et de Tourouvre avaient su les convaincre d’une perspective d’une vie meilleure, et d’abandonner leur région pour de nouveaux horizons. 

À cette époque, fin du XVIIe siècle, la vie était très dure en Normandie. L’agriculture ne nourrissait pas suffisamment les habitants et à la fin des récoltes automnales et ceux-ci avaient du mal à subvenir aux besoins de leur famille. 

Le Perche était donc un terrain de recrutement exceptionnel pour cette aventure. 

C’était un pays de petites propriétés. 
Que possédaient les paysans ? 
Quelques vaches laitières, des moutons, un peu de prairies, un ou deux hectares de terre à céréales. 

Chaque homme dans le pays savait labourer, mais connaissait presque tous les autres métiers manuels que l’on doit pratiquer à la campagne. 
A cette époque, faute de bêtes de trait à part quelques chevaux percherons, plusieurs hommes tiraient ensemble la charrue conduite par un autre laboureur. 

Chacun connaissait les travaux de la ferme. Mais les percherons étaient aussi maçons, charpentiers, scieurs de long, charrons et chaudronniers, 
A l'hotel du Cheval-Blanc à Tourouvre, ont été signés les contrats d’une quarantaine de pionniers qui s’étaient engagés à servir le « seigneur » Giffard « pendant 36 mois ». 
La voie a été ouverte par le premier départ en 1634, d’une quarantaine de Tourouvrais accompagnés de leurs femmes et enfants. 

Les amériques


Flux migratoires vers les amériques depuis l'europe

Maquette des navires exposée au Muséales

Fermette percheronne- illustration originale de Francis Back pour les Museales

Le départ vers la Nouvelle-France

L'arrivée en Nouvelle-France

Les conditions de vie seront difficiles - Le froid et la neige seront trés présents pendant l'hiver


Les conditions de vie seront trés difficiles, les percherons ne sont pas habitués à de telles périodes de neige et à des hivers aussi froids.
Sur place, ils découvrent aussi d'autres cultures céréalières et des arbres différents des forêts du Perche.






A nouveau pays, mots nouveaux



Vivre en Nouvelle-France



Ils ont été nombreux à avoir été baptisés à l'église Saint Aubin de Tourouvre dans l'Orne, 

dans cette église.

Eglise de Tourouvre dans l'Orne

Fonts baptismaux de l'église de Tourouvre


L'auberge du Cheval-Blanc qui était le point de recrutement se situait juste en face de l'église, là où se situe aujourd'hui l'Hotel de France.

En 1650 Julien Mercier et 80 familles partaient pour le Canada.

vitrail de l'église de Tourouvre

détail du vitrail



De 1646 à 1651, plus de quarante contrats d'engagement, allant de trois à cinq ans, sont passés entre les fréres Noël et Jean Juchereau et des percherons déterminés, qui, pour la plupart, se fixeront à Québec leur engagement terminé, fondant des familles qui se sont répandues dans toute l'Amérique du Nord. 

Il y eut, de la paroisse même de Tourouvre :
* en 1646, Mathurin Provost et Françoise Mabille
* en 1647, Jean Malenfant, Louis Guimont, Pierre Piau, René Visage, Daniel Tremond, Julien Mercier, Philibert Chaudon, Jacques Loiseau
* en 1648, Robert Rivart
* en 1649, Jean Creste
* en 1651, Nicolas et Françoise Roussin, qui vont rejoindre leurs parents partis l'année précédente.


 

   










Le Musée de l’Emigration française au Canada, l’épopée des Percherons du Nouveau-Monde





De manière interactive, le Musée de l’Emigration française au Canada propose aux visiteurs d’embarquer pour la Nouvelle-France.

Il y a 400 ans, les percherons ont été les premiers à partir pour s’installer dans un pays inconnu, pour défricher les forêts, cultiver la terre, bâtir des maisons, pour fonder le Canada.


Le musée est ouvert d’avril à novembre




Les Muséales de Tourouvre

Musée de l’Emigration française au Canada

Musée des Commerces et des Marques

15 rue du Québec

61190 Tourouvre


Nous remercions tout particulièrement les Muséales de Tourouvre  qui nous ont permis de vous offrir les clichés pris dans l'enceinte du Musée de l'Emigration française au Canada ainsi que l'association Perche-Québec qui a réalisé un immense travail de recherche sur l'histoire du Perche et de ses colons partis en Nouvelle-France.