A la découverte du Canada 

jusqu'au départ des habitants du Perche vers la Nouvelle France

Au début des années 1500, des navires de pêche français, anglais espagnols et portugais péchaient au large des côtes de l’Amérique du Nord.
Avant l'arrivée des Européens en Amérique du Nord, plusieurs centaines de tribus occupaient le territoire.
Chaque « tribu » avait développé ses propres coutumes, rituels et traditions, en relation avec la diversité de l’environnement dans lequel ils vivaient. Des réseaux de troc étaient établis entre les différents groupes ethniques.

Vers 1420, des baleiniers basques commencent à chasser au large de la côte du Groënland et dans la mer du Labrador et la pêche à la morue devient importante pour la France.
Les débuts de la pêche dans les eaux de Terre-Neuve datent de la période des grands voyages de découverte. Plusieurs documents anciens attestent de la pratique de la pêche à la morue à Terre-Neuve au début du XVIe siècle.
En 1506, le capitaine Jehan Denis et le pilote Gamart, sur un navire honfleurais, se rendent à Terre-Neuve et, en 1508, l'armateur dieppois Ango, le père, y envoie un navire pour tenter la création d'un établissement permanent. La même année, un navire de Bréhat, en provenance de Terre-Neuve, arrive à Rouen, avec un chargement de morues ; à partir de cette époque, Français, Anglais, Portugais et Espagnols arment librement, chaque année, pour Terre-Neuve.
À Fécamp, en 1520, le capitaine Nicolas Gautier arme lui aussi un navire pour Terre-Neuve et, la même année, le journal de la Vicomté de Fécamp mentionne pour la première fois l’arrivée de chargements de morues


En 1532 Jean Le Veneur, évêque de Saint-Malo et abbé du Mont-Saint-Michel, propose à François Ier une expédition vers le Nouveau Monde et lui recommande Jacques Cartier.

Jacques Cartier

Portrait de Jacques Cartier à Saint-malo par Auguste lemoine


Jacques Cartier part de Saint-Malo le 20 avril 1534, avec 2 navires et 61 hommes.

C'est en juillet 1534, dans la baie de Gaspé, que l'explorateur français Jacques Cartier entra pour la première fois en contact avec les Amérindiens du continent.

Les Français y rencontrèrent une tribu iroquoise qui était venue pour pêcher. Les relations furent d'abord très amicales, mais ce climat amical ne dura pas.

Arriva l’hiver, le froid, la neige, la faim aussi….et le scorbut…un grand nombre de marins mourut.

Les relations avec les iroquois devinrent difficiles.

Au printemps Cartier revint en France emmenant les deux fils du chef indien.


L’histoire est assez floue à ce sujet du fait du nombre restreint de survivants de ces expéditions et les récits des historiens sont parois très différents au sujet de cette époque.



Donnacona et/ou ses fils ammené en France par Jacques Cartier au printemps 1535


En mai 1535, Jacques Cartier entreprend un second voyage.

On peut penser qu’il est accompagné des deux fils du chef indien qui lui faciliteront son exploration mais d’autres historiens envisagent le décès de ces deux amérindiens en France.

Au cours de ce deuxième voyage, Cartier explore l’estuaire du Saint-Laurent et remonte le fleuve.

A environ 400 kilomètres à l’intérieur des terres, il atteint le village amérindien de Stadaconé.




Arrivee de Jacques Cartier a Stadacona en 1535


C’est à cet endroit que se trouve aujourd’hui la ville de Québec.

Si l’on entend par Canada celui du xvième siècle, c’est-à-dire la région qui s’étend à peu près de l’île d’Orléans à Portneuf, c’est bien Jacques Cartier qui l’a découvert en 1535.







Un premier départ de Français depuis le port de La Rochelle eut lieu au mois d’avril 1536.
Les Français qui devaient peupler cette « Nouvelle France » s’installèrent le long des berges du fleuve Saint Laurent mais l’expérience fut catastrophique, le froid et le scorbut décimant une grande partie des premiers colons.

Jacques Cartier décida de quitter la vallée du Saint Laurent avec les survivants en juin 1542.
Jacques Cartier ne retournera plus jamais au Canada.

La colonie s’éteignit en 1543 et quelques survivants furent rapatriés au printemps de la même année. C’est la fin de la première tentative de peuplement français en Amérique du Nord.

Dès les années 1550, on voit apparaître le nom Canada sur les cartes.

Samuel de Champlain sur les traces de Jacques Cartier







Vers 1602, Henri IV accorde à Samuel de Champlain le titre de géographe royal.

Fort d’un monopole de commerce des fourrures, Aymar de Chaste a établi un poste de traite des fourrures à Tadoussac.

Aymar de Chaste, gouverneur de Dieppe avait reçu d’ Henri IV le titre de vice-roi de la Nouvelle-France.

Pour mener à bonne fin son projet de colonisation du Canada, il forma la compagnie de Monts, dans laquelle entrèrent de très riches négociants. François Gravé reçut le commandement de l’expédition, Samule de Champlain fut engagé comme géographe. 

Ils quittent Honfleur le 15 mars 1603.

Arrivés au Canada, ils laissent leurs vaisseaux à Tadoussac, et remontent le fleuve Saint Laurent, en barque jusqu’au Sault Saint-Louis, près du futur Montréal.

Ces explorateurs dressèront des cartes et cherchèront l’endroit le plus favorable à un établissement de traite des fourrures.

Les Français dominèront ce marché pendant plus de dix ans.


Il faut noter l’importance de la fourrure dans le développement historique de la Nouvelle-France. En effet, c’est cette ressource qui a incité les Français à établir une présence permanente dans la vallée du Saint-Laurent au début du XVIIe siècle et à poursuivre par la suite leurs activités dans la région des Grands Lacs, les vallées du Mississippi, de l’Ohio et de l’Illinois, et le bassin de la baie d’Hudson. Dans ces vastes étendues du continent nord-américain, les Français ont lancé une entreprise commerciale ambitieuse en vue de répondre à la demande européenne de fourrure. Cette entreprise – appelée la « traite des fourrures », avait des dimensions économiques, sociales et politiques complexes, et a façonné l’expérience coloniale française.



Le commerce des fourrures








En 2006, les exportations de fourrures ont apporté 226 millions $ au Canada.

Les exportations de peaux et de vêtements de fourrure ont dépassé 430 millions $ en 2008.

L’activité commerciale mondiale des fourrures se chiffrait à 15 milliards $ en 2007.

les principaux marchés de fourrures du Canada sont : la Chine, la Russie et l’Ukraine, l’Europe (l’Italie, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Grèce, la France, l’Espagne), la Turquie et la Corée.

Le commerce de la fourrure au Canada emploie directement 70 000 Canadiens.



Mais la mission qui était confiée par Henri IV à Samuel Champlain était plus large : explorer la Nouvelle-France, en étudier les voies fluviales pour, ensuite, désigner le site où serait aménagé un important comptoir de traite.

C’est ainsi que Champlain s’apprête à refaire le périple accompli par Jacques Cartier en 1535. Il explore une partie du Saguenay et pressent l’existence de la baie d’Hudson. Il remonte ensuite le fleuve Saint-Laurent jusqu’à Hochelaga (Montréal). Il ne reste aucune trace de la population ni du village amérindien visité par Cartier et le saut Saint-Louis (rapides de Lachine) semble encore infranchissable. Grâce à ses guides, Champlain apprend que, au-delà des rapides, trois grands lacs (Érié, Huron et Ontario) doivent être explorés.

Les explorations de Champlain durèrent de 1609 à 1616. Il traversa 12 fois l’atlantique.

Chaque année des colons arrivaient de France mais les conditions étaient difficiles et on ne comptait que 150 français au Québec en 1635.

Les français à cette époque n’étaient pas très inspirés par ce pays au climat sévère, peuplé de « sauvages » et malgré les guerres, la pénurie de terres, ils préféraient rester chez eux… jusqu’à l’arrivée des colons percherons .



Entre 1634 et 1651, environ 250 immigrants en provenance de l’ancienne province du Perche en France, aujourd’hui département de l’Orne en Normandie, émigrent en Nouvelle-France et parmi eux les Boucher, Cloutier, Guimont, Pelletier, Fortin, Gagnon, Gaudry, Gaulin, Giguére, Giroust, Hayot, Houde, Landry, Laporte, Lehoux, Maheust, Mercier, Normand, Rivard, Tremblay, Trottier, Trudelle, Turgeon,...

Mais pourquoi ont-ils quitté leur pays ?

Le Perche, c’est 360 kilomêtres carrés, 153 comunes, 3 villes, anciennes capitales du Perche au temps des comtes du Perche : Mortagne, Béllêùme et Nogent le Rotrou.








Le christianisme y est présent depuis le cinquième siècle et profondément marqué depuis la création de l’abbaye cistercienne de Soligny la Trappe, et les prieurés qui se sont installés un peu partout dans le Perche.

Pendant la guerre de cent ans, les Percherons ont été au premier rang pour défendre la France contre les anglais. Les forêts du Perche, les percherons les connaissent bien et l’industrie du bois a favorisé les bucherons, menuisiers et aussi charpentiers qui ont également appris leur métier en fabriquant des navires puisque le Perche est proche des côtes de la manche.

Avec un sous-sol calcaire, les percherons ont également appris à tailler la pierre pour construire leurs maisons.

Et n’oublions pas que le Perche est avant tout agricole.

Cette région a donné des laboureurs, des fermiers, des métayers.

Les chevaux percherons sont aussi présents dans le Perche depuis que Rotrou, comte du Perche, ramena de la première croisade, plusieurs étalons orientaux qui furent croisés avec des juments du pays.

Les habitants du Perche connaissaient donc ainsi les métiers de forgeron, sellier, charron, bottier,…

Environ 40 familles hommes, femmes et enfants ont embarqué à La Rochelle pour une longue traversée de l’Atlantique, à destination de ce Nouveau Monde.

Robert Giffard et les frères Juchereau, personnages respectables de Mortagne au Perche et de Tourouvre avaient su les convaincre d’une perspective d’une vie meilleure, et d’abandonner leur région pour de nouveaux horizons.

À cette époque, fin du XVIIe siècle, la vie était très dure en Normandie. L’agriculture ne nourrissait pas suffisamment les habitants et à la fin des récoltes automnales et ceux-ci avaient du mal à subvenir aux besoins de leur famille.


Le Perche était donc un terrain de recrutement exceptionnel pour cette aventure.

C’était un pays de petites propriétés. Que possédaient les paysans ? Quelques vaches laitières, des moutons, un peu de prairies, un ou deux hectares de terre à céréales.


Chaque homme dans le pays savait labourer, mais connaissait presque tous les autres métiers manuels que l’on doit pratiquer à la campagne. À cette époque, faute de bêtes de trait à part quelques chevaux percherons, plusieurs hommes tiraient ensemble la charrue conduite par un autre laboureur. 

Chacun savait semer. On pouvait être maçon, charpentier, scieur de long, charron et chaudronnier, manœuvre ainsi qu’une liste d’expatriés en donne une idée dans les archives de Maitre Choiseau à Tourouvre, où sont conservés les contrats d’une quarantaine de pionniers qui s’étaient engagés à servir le « seigneur » Giffard « pendant 36 mois ». La voie avait été ouverte par le premier départ en 1634, d’une quarantaine de Tourouvrais accompagnés de leurs femmes et enfants. Le mouvement migratoire déclenché par le trio tourouvrais se confirma. D’autres embarquements eurent lieu entre 1646 et 1652.


Ils s’installèrent sur les rives du majestueux fleuve Saint-Laurent à peine trente ans après la fondation de la « Cité de Champlain », devenu la Ville de Québec.